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Actualités financières

Actualités Financières - Semaine du 05/03

Coup d'arrêt au libre-échange transatlantique

La suspension de l'accord commercial entre l'UE et les États-Unis ravive les tensions protectionnistes et fragilise l'un des axes commerciaux les plus stratégiques au monde.

L'Union européenne a suspendu la mise en œuvre de l'accord commercial conclu en 2025 avec les États-Unis, en réaction au rétablissement par l'administration Trump de surtaxes sur les importations européennes. Bruxelles entend ainsi dénoncer l'instabilité du cadre tarifaire américain et conditionne toute ratification à un environnement plus prévisible.

L'accord initial limitait à 15% les droits de douane américains en échange d'une baisse progressive des taxes européennes. Sa suspension prive plusieurs filières clés comme l'agroalimentaire, l'automobile et l'industrie à forte valeur ajoutée des bénéfices attendus, tandis que le Parlement européen exige des garanties concrètes de Washington avant toute reprise des discussions.

Les eurodéputés redoutent une escalade commerciale, notamment sur des produits emblématiques comme le vin ou le luxe. L'incertitude sur les règles tarifaires pèse déjà sur les décisions d'investissement et accroît le risque perçu des entreprises exportatrices européennes.

Sources : Bourse Direct

L'inflation en France

Les derniers chiffres publiés par l'Insee interrogent la solidité du reflux inflationniste, entre tensions énergétiques persistantes et pouvoir d'achat sous pression.

Selon l'Insee, l'inflation a rebondi à 1% sur un an en février 2026, après 0,3% en janvier, marquant la fin de la phase de désinflation observée depuis plusieurs mois. Cette reprise rapide, +0,7% sur un mois, traduit un regain de tension des prix à court terme, porté par divers facteurs conjoncturels et saisonniers.

La hausse s'explique surtout par le redémarrage des prix alimentaires, la remontée des services liés aux transports, aux loisirs et à la restauration, ainsi que par la fin de l'effet modérateur des soldes. L'indice harmonisé IPCH atteint 1,1%, rapprochant la France de la cible de 2% fixée par la BCE, sans pour autant signaler de risque de surchauffe inflationniste.

Malgré ce rebond, les niveaux restent très inférieurs aux pics de 2021-2023. La BCE y voit la confirmation d'une inflation sous contrôle permettant un éventuel assouplissement monétaire. Pour les ménages et les entreprises, l'enjeu est d'absorber cette hausse modérée sans enclencher une spirale salaires-prix dans un contexte de croissance faible et de marges encore fragiles.

Sources : L'"Insee

Le pétrole repart à la hausse

La flambée des cours du brut fait craindre un retour des tensions inflationnistes et pèse sur les économies importatrices d'énergie.

Début mars 2026, les cours du pétrole ont bondi d'environ 5 dollars le baril, atteignant leur plus haut niveau depuis plusieurs mois. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de forte tension sur les marchés de l'énergie, caractérisé par des capacités de production limitées, des stocks faibles et une hausse des primes de risque géopolitique.

La flambée trouve son origine dans l'escalade militaire au Moyen-Orient opposant un axe israélo-américain à l'Iran, entraînant la paralysie partielle du détroit d'Ormuz, passage clé du commerce mondial de pétrole et de gaz. La crainte d'un blocage prolongé renchérit les coûts logistiques et alimente les anticipations d'un baril plus cher si la crise perdure ou s'étend à d'autres producteurs régionaux.

Sur les marchés financiers, cette tension a provoqué un repli des grands indices mondiaux, entre –1% et –2%, par crainte d'un choc d'offre pétrolier. Si les groupes pétroliers profitent de cette hausse, les secteurs énergivores subissent une pression accrue. La remontée des anticipations d'inflation complique la stratégie des banques centrales, menacées d'un nouveau cycle de hausse des prix via l'énergie.

Sources : Bloomberg

Chute des actions des compagnies aériennes

Entre la hausse du kérosène et les incertitudes macroéconomiques, le secteur aérien voit ses valorisations décrocher brutalement.

La flambée des prix du pétrole a provoqué une chute marquée des actions de compagnies aériennes, très exposées au coût du carburant qui pèse lourd dans leurs charges d'exploitation. Les investisseurs redoutent une érosion rapide des marges dans un secteur déjà pénalisé par la hausse des coûts de personnel et de maintenance depuis la sortie de crise post-Covid.

Les marchés s'interrogent sur la capacité des transporteurs à répercuter cette hausse sur les billets sans briser la demande, dans un contexte de forte sensibilité des ménages et des entreprises aux prix. Si les couvertures de carburant offrent un répit à certaines compagnies, elles restent partielles et temporaires, laissant le secteur vulnérable à un pétrole durablement cher. La poussée des prix renforce par ailleurs la pression pour accélérer le recours aux carburants aéronautiques durables, encore nettement plus coûteux que le kérosène.

En Bourse, les flux se dirigent vers les valeurs de la crise énergétique, comme les compagnies pétrolières et certains acteurs liés au gaz ou aux infrastructures. Les compagnies aériennes pourraient devoir revoir à la baisse leurs investissements et leurs plans de croissance pour préserver leur trésorerie. Les analystes restent prudents, anticipant une volatilité élevée des titres tant que les prix de l'énergie et la visibilité sur la demande de transport aérien resteront incertains.

Sources : Bloomberg